ane brun – the treehouse song

La folk-pop scandinave est vraiment un genre à part, qui a su fédérer une pureté, une sérénité et une mélancolie qu’on ne retrouve pas dans la musique d’autres régions, comme si la terre même d’où est originaire la musique avait laissé son empreinte froide et ethérée.
Le merveilleux concert qu’a donné Ane Brun au Café de la Danse le 17 novembre, en clôture de sa tournée, est un excellent exemple de cette osmose. Deux artistes précédaient la Norvégienne sur scène : les Suédoises Rebekka Karijord et Jennie Abrahamson.
Leur musique n’est pas identique et pourtant…
Rebekka Karijord a chanté des chansons lentes, calmes, s’accompagnant au piano ou à la harpe. Sa musique est raffinée et subtile, sa voix puissante m’a fait pensé à celle d’Alanis Morissette dont elle a la même élégance.
Jennie Abrahamson fait une délicieuse pop plus “moderne”, avec juste ce qu’il faut de boite à rythmes et de chœurs vocodés, sans que tout cela n’efface la base de piano et une belle voix haute et claire.
Quant à Ane Brun, sa pop est plus adulte, plus grave, plus sérieuse. S’accompagnant traditionnellement à la guitare, elle chante d’une étrange voix haute des compositions désarmantes, extrêmement touchantes.
Trois artistes donc, dont la musique est loin d’être identique.
Et pourtant quand Ane Brun arrive sur scène, ses deux “premières parties” sont avec elles, qui l’accompagneront pour la musique et les chœurs tout au long de son concert. Et l’harmonie entre les trois chanteuses est évidente, naturelle. Elles partagent la complicité d’une tournée, mais aussi ce quelque chose non identifié que je ne peux qu’appeler Grâce, qui a baigné ce concert magnifique.

marina & the diamonds – mowgli’s road

Lendemain de concert et de soirée, plus beaucoup d’énergie… Pensant arriver à la fin du set de Bombay Bicycle Club, nous apprenons que le groupe a annulé (mauvais pour le festival des Inrocks, toutes ces annulations…) Nous patientons donc et c’est Esser qui débute la soirée, anglais jusqu’au bout de l’accent, et qui s’avère un peu trop frais sur scène. Son electro-dub fleurant bon les 80’s m’a tout de même bien plus.

Marina And The DiamondsPuis c’est au tour de Marina & The Diamonds de s’emparer de la scène. Marina, c’est pour elle que je suis là ce dimanche. Les titres que le net distille goutte à goutte depuis une petite année me font tous saliver et attendre avec impatience l’album qui devrait sortir début 2010.
Je classe Marina & The Diamonds dans la même catégorie que sa compatriote Florence Welch : voix forte, univers baroque, personnalité énergique. Est-ce donc la comparaison avec la performance de Florence + The Machine la veille, la fatigue, ou trop t’attende peut-être, toujours est-il que j’ai été déçu par ce set. J’attendais plus d’emphase, plus d’instruments, j’attendais d’être transporté, j’ai juste été soulevé.
La jeune Anglaise fait preuve d’une belle énergie, d’une bonne présence sur scène et d’une voix assurée, mais elle est trop verte encore pour porter au mieux ses chansons, leur permettre de prendre toute l’ampleur qu’elles méritent. Ce n’est je l’espère qu’une question de temps (et de moyens : avec plus de musiciens, elle fera un malheur).
Reste que son tubesque Mowgli’s Road est formidablement efficace : c’est sans aucun doute la meilleure chanson pop que j’aie entendue cette année.

De la suite de cette soirée, je ne sais rien, ni Jack Peñate et encore moins Sliimy ne m’ayant donné envie de rester.

florence and the machine – cosmic love

Ce samedi 7 novembre, le festival des Inrocks m’avait appâté avec La Roux, artiste que je n’adore pas mais que je trouve bien sympathique et que j’étais curieux de découvrir sur scène, et surtout avec Florence And The Machine.

La Roux a annulé au dernier moment sa participation au festival, pas chouette. Elle a été remplacée par les jeunes Nord-Irlandais de Two Door Cinema Club, chouette ! En effet, l’electro-rock bien ficelé et l’énergie du trio a bien vite fait oublier le désistement de la tête d’affiche.

Ont suivis les Américains Lissy Trullie, qui emmenés par un petit brin de blondinette, ne m’ont pas du tout convaincu. Seule leur reprise de Ready For The Floor de Hot Chip a éveillé en moi un vague intérêt, mais la voix de la chanteuse n’est décidément pas belle à mes oreilles.

Florence And The MachineC’est d’ailleurs devant un public un peu ramolli que Florence Welch et sa Machine de groupe ont débarqué, pour regonfler tout le monde dès la première chanson.
La jeune Anglaise a un sens de la scène et un contact incroyables. Et sa voix qui m’est un peu pénible à la longue sur l’album (elle crie quand même beaucoup…) prend toute sa mesure en live : sa puissance remplit parfaitement l’espace, elle a la démesure et le baroque idéals pour servir au mieux sa pop soul. Ajoutons d’excellents musiciens, une harpe, des percussions puissantes, et je pense que personne n’a pu résister à la force de la prêche de Florence And The Machine.

De viles considérations festives ne m’ont pas permis de rester voir Passion Pit, sans beaucoup de regret néanmoins : si leur tube Sleepyhead m’avait beaucoup séduit l’année dernière, leur album n’a pas été à la hauteur.

[Photo : julienpaul]


frànçois and the atlas mountains – moitiée

frànçois and the atlas mountainsEcoutez comme c’est beau, ces premières notes de piano, graves, qui résonnent légèrement, comme si on était dans une grande pièce vide.
Ecoutez ce petit chichichichichi entêtant, cette ambiance languide, un peu moite…
La voix de Frànçois, un peu molle, ce petit accent un peu emprunté.
Et ces trilles de piano, au milieu du morceau, comme quelques gouttes d’eau.
Ecoutez comme c’est beau !

Vis-tu de nuit, pour nous voir à moitié ?

patrick wolf – bluebells

J’ai oublié de parler du passage de Patrick Wolf au Nouveau Casino le 9 octobre dernier…
Pourtant le concert fut bon, très bon !
Une fois passée la surprise de voir dans le public autant de midinettes en furie, hurlant à l’arrivée du jeune Anglais sur scène (c’est pas les Jonas Brothers, on se calme…), j’ai observé Patrick Wolf avec curiosité, lui qu’on dit plutôt instable et inconstant en live, et qui avait parlé d’arrêter la scène après, imbibé d’alcool, s’être battu avec son batteur lors d’un concert en 2007.

Patrick WolfLa coiffure est improbable, et ne restera pas en place plus de 2 minutes, la tenue extravagante. Wolf entame une première chanson avec une attitude très empruntée et théâtrale qui me gène. Heureusement il se détend très vite et son comportement devient plus naturel. Patrick Wolf s’avère immédiatement charmant sur scène, chaleureux, bavard, s’essayant même à quelques souvenirs de français (il a vécu à Paris).
Mais quand il s’éclipse de scène pendant de longues minutes, je pense que le côté diva apparaît (enfin) et qu’il nous fait attendre pour le plaisir, mais il revient avec une nouvelle tenue, mi toge romaine, mi sari futuriste, pailleté et maquillé : finalement, Patrick Wolf n’est pas une diva arrogante, c’est une stage queen, un vrai performeur !
Il est impressionnant quand il chante (quelle voix !), à l’aise aussi bien au piano qu’au violon, au dulcimer ou à la flying V. Il interprète les meilleurs titres de The Bachelor (Hard Times, Theseus – probablement le plus beau moment du concert – et même Battle prend une tournure explosive et agréable quand toute la salle a chanté en chœur) et les hits de ses précédents albums (Bluebells qui à enflammé la salle dès les premiers sons de fusées, Tristan…), avec en bonus un inédit Wild Live, très (trop ?) disco.
Le concert s’achèvera avec une version survolté de Vulture, et une troisième tenue pour l’occasion, fabuleuse veste hérissée de picots !

[photo : napalm-love]

chris garneau – lucioles

Rapide retour sur le concert de Chris Garneau mercredi dernier à la Maroquinerie, d’abord parce que j’ai déjà dit le plus grand bien de lui de nombreuses fois, et puis surtout parce que je n’ai pas le temps…

Dessin de Anthony GoicoleaChris était donc à Paris pour la tournée de son second album El Radio. Curieusement et malheureusement il n’était pas seul mais précédé en première partie de Richard Walters, sympathique folkeux, et suivi de Jeremy Jay, dont je n’ai entendu qu’une chanson donc je ne me permettrai pas de critiquer (ou alors si : je n’ai pas du tout aimé.)

Chris a été comme d’habitude charmant avec son petit air timide. Il nous a fait l’honneur de la version française de Fireflies, et d’une chanson inédite.
Accompagné de sa violoncelliste et, grande nouveauté, d’un batteur (déjanté), Garneau a bien équilibré les titres du nouvel album et les “vieux” morceaux. Mais là où j’ai été content de découvrir les versions live et rythmées de No More Pirates, Dirty Night Clowns, Lucioles et même de Home Town Girls que je n’aime pas en version studio je n’ai que peu apprécié l’ajout de percussions sur les chansons de Music For Tourists : cela a un peu gâché leur côté intime et triste.

Pour plus d’informations concernant la genèse de son deuxième album, n’hésitez pas à aller voir l’intéressante interview qu’il a donnée à Yagg ici.

[Artwork de l'album El Radio par Anthony Goicolea]

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