J’avais déjà vu Pierre Lapointe pour la sortie de son album Sentiments Humains. Le Québécois est revenu à Paris quelques mois plus tard, avec le même bagage de chansons, mais cette fois-ci Seul Au Piano comme est bien nommée cette nouvelle tournée.
La Gaité Lyrique offre un cadre un peu froid, industriel, la mise en scène est sobre, minimaliste, mais c’est une façon de mettre en valeur les textes magnifiques et poétiques.
Pierre Lapointe n’a pas l’air très bien luné, ou alors c’est moi qui apprécie moins son humour pince sans rire, il mettra de longues minutes à revenir pour un dernier rappel malgré la standing ovation bruyante du public. Néanmoins, je n’ai rien à reprocher au set, les chansons sont parfaitement interprétées et toutes plus belles les unes que les autres. Mention spéciale à Moi, Elsie, la mise en chanson du sublime texte de Richard Desjardins.
Les porte du Paradis se sont ouvertes avec Seven Swans et la voix de Sufjan, ses ailes de cygne qui se déploient avec l’explosion des cuivres, la lumière bleue…
J’ai tout aimé de ce concert.
Les versions live d’un album parfois difficile et déconcertant, les explications concernant le concept de l’album et Royal Robertson qui aident beaucoup à comprendre. Les quelques ponctuations folk des vieux titres. Les lumières, les projections superbes des dessins de Robertson, le fluo partout.
Les jeux de scène que j’aurais pu trouver ridicules mais que j’ai pris pour la manifestation du plaisir et du besoin de lâcher prise, ce qui me touche plus que je ne l’avoue même.
Ce Vesuvius magnifiquement illustré de feu, de rouge. Cet Impossible Soul final, interminable, orgiaque.
Et Sufjan, revenant en rappel, épuisé, vulnérable, enfin repu de jouissance musicale, si touchant, clôturant ce concert avec le spendide John Wayne Gacy Jr. et un Chicago festif et apaisé.
J’ai tout aimé. J’ai tout aimé.
Impressionnant petit bout de fille que cette Coco Sumner, toute en tension nerveuse, l’air renfrogné, et qui n’aura de cesse d’exhorter le public à grands renforts de gestes du bras : elle est là pour faire bouger la foule, et son énergie est physique, presque douloureuse !
Je me répète mais elle m’a impressionné ! Entourée de ses excellents musiciens, elle ressemble à une collégienne, garçon manqué aux yeux pales et à la mâchoire crispée, à l’air peu avenant, mais elle donne tout, de tout son corps, elle met toute son énergie dans sa voix rocailleuse. Une grande professionnelle et un excellent concert !
Concernant le choix du titre illustrant ce billet, j’adore cette chanson Playwright Fate, mais je l’adore honteusement car ce qui me plait particulièrement c’est cette petite mélodie qui me semble faite au steel drum, genre mauvaise musique calypso illustrant un reportage des années 80 sur les Caraïbes. Ou une pub Oasis oui…
Festival Les Femmes S’en Mêlent, le 27 mars 2011 au théâtre de la Cité Internationale.
Première artiste de la soirée, Serafina Steer est une harpiste anglaise au look typically british, coiffure et vêtements approximatifs, qu’on s’attendrait plus à croiser dans un pub que sur une scène avec une harpe. Elle a l’air très mal à l’aise, peu sûre d’elle. Certaines chansons semblent inachevées ou alors elle les interrompt subitement, s’excusant presque si les applaudissements n’arrivent pas immédiatement. C’est dommage, elle a du potentiel, mais son attitude stressée, sa prestation brouillon ne m’ont pas plu.
A noter, la présence d’Emmanuelle Parrenin qui l’a accompagnée sur une chanson à l’aide d’un étrange instrument qui aurait pu être beau mais qui ne produisit là qu’une cruelle torture auditive.
Ensuite, et ce pourquoi je suis là, c’est Promise And The Monster qui se produit.
Billie Lindahl arrive habillée comme une écolière, chemisier blanc et jupette noire et, ô surprise, est accompagnée d’une camarade (de classe ?) J’avais oublié à quel point elle est jeune.
J’avais assez cruellement sans doute, la première fois que je l’avais vue sur scène il y a 3 ans, noté le grand manque de charisme et l’attitude renfrognée de la jeune Suédoise. Force est de constater que les années passées ont fait un grand effet sur la jeune femme. Elle a gagné en assurance, elle parle au public, sourit beaucoup. Sa voix a muri aussi, s’est transformée ! Le résultat est surprenant, inattendu, un peu déstabilisant car je n’ai rien pu entendre de Promise And The Monster depuis ces 3 ans mais dès ce moment de surprise passé, très agréable.
Le set est beau, les chansons du premier et unique album sont revisitées, légèrement réarrangées, l’accompagnement de la comparse de Billie se marie fort bien à la voix et au jeu de guitare de celle-ci.
Tout cela est très prometteur pour un second album, qui devrait arriver prochainement. Vivement !
John Grape en première partie, du rock français rémois bien peu intéressant…
Hold Your Horses! suivent et tiennent à peine sur la petite scène de la Flèche d’Or, eux qui sont six.
Bonne humeur, sourire, pléthore d’instruments (violon, trompette, guitares…), nouvelles chansons, nous avons été gâtés. Ils ont annoncé la sortie au printemps d’un nouvel EP, j’ai hâte et leur souhaite tout le succès possible pour sortir bientôt un album, ils le méritent.
Suivait Jonny, mais la Flèche d’Or ayant la fâcheuse habitude de commencer ses concerts bien tard, je n’ai pas eu le courage de rester les écouter…
Première première partie, les Français de Karaocake, que j’avais déjà vus avant Au Revoir Simone, et que j’avais trouvé trop proches musicalement des Brooklynoises pour vraiment les apprécier. La chanteuse gagnerait à se décoincer un peu, mais Karaocake a du bon et mérite d’être suivi.
Seconde première partie, Buke And Gāss, duo de guitares, chanteuse à la voix un peu nasillarde, à long terme c’est un peu fatigant mais les changements multiples de rythme au sein des chansons et les riffs de guitare électriques qui m’ont beaucoup fait penser à Led Zeppelin m’ont plu !
Owen Pallett enfin, arrive tard sur scène. Casquette parisienne vissée sur la tête, débardeur, le Canadien est en forme, de bonne humeur, souriant et sautillant tout au long de son set.
J’avais peur, l’ayant vu pas mal de fois l’année dernière, de me lasser, mais la sortie à l’automne dernier de son EP A Swedish Love Story aux 4 titres plus électro que l’album Heartland, a déteint sur les prestations live de Pallett : tout est plus punchy, plus rythmé et plus électro.
Quant à la prouesse technique d’Owen Pallett au violon, elle est chaque fois plus époustouflante ! Son final sur ce Song Song Song épileptique et déchaîné m’a laissé sans voix ! Encore une fois Owen Pallett a été parfait !