Archives pour Janvier 2007

claire diterzi – knockin’ on heaven’s door

Claire DiterziClaire Diterzi, c’est l’artiste que j’ai vue le plus en concert en 2006. Son album Boucle m’avait chatouillé les oreilles sans que j’y prête plus attention, mais le choc a été énorme à la Cité de la Musique quand elle est monté sur scène. Claire Diterzi est très belle, très douce et sa voix est très pure. Mais ce côté doux et calme est rapidement balayé par une attitude très maîtresse femme avec sa guitare électrique, qu’elle possède avec dextérité. Et son attitude sur scène est tout à la fois timide et, malgré un physique de trentenaire propre sur elle avec petite robe et jolie coiffure, un peu rock’n'roll attitude, un peu je-m’en-foutisme… Avec des chansons très connotées sexuellement (Elle te plait sa queue vas-y…) ou aux paroles très ironiques et second degré (La princesse arabe), on ne peut qu’être surpris par le personnage. Je le fus très agréablement.

Ces jours-ci est sortie la bande originale du film Requiem for Billy the Kid de Anne Feinsilber, composée par Claire Diterzi. C’est plein de musiques planantes, qui sentent le sable et la poudre. Des guitares et des harmonicas, la voix de Diterzi, parfois chuchotée et incertaine, comme sur cette belle reprise de Bob Dylan, parfois sure et aux accents country, et parfois même juste une mélodie sifflée comme seule Diterzi sait le faire.

(à la question Comment faites-vous pour si bien siffler ? Claire nous a répondu un jour La moitié de ma famille travaille dans le bâtiment, ça doit venir de là.)

imogen heap – hide and seek

La réédition du premier album d’Imogen Heap I Megaphone, fin 2006, devrait être la meilleure occasion qui soit d’en écouter un titre. En rédigeant ce billet, j’avais l’intention de proposer Come here boy, joli titre mélancolique et qui illustre bien le truc fascinant de la voix d’Imogen, ce petit quelque chose qui la fait décrocher au milieu d’une phrase, qui donne l’impression qu’elle a un vocodeur implanté dans la gorge. J’adore…

Imogen HeapMais en réécoutant les morceaux de Heap, je retombe sous la magie de Hide and Seek, tiré de son second album Speak for yourself. Là évidemment, la démonstration des talents vocaux de la dame est plus délicate, car du vocodeur, on en a. On n’a même que de ça ! Et c’est ce qui rend ce titre si doux à mes oreilles. Pas d’instrument, rien qu’une voix synthétique et pourtant pleine d’émotions. Ce titre me donne toujours des frissons !

Outre ses deux albums solo ci-dessus cités, Imogen Heap a à son actif un troisième album, Details, peut-être son meilleur album d’ailleurs, issu d’une collaboration avec Guy Sigsworth délicieusement baptisée Frou Frou.

tori amos – carbon

Voilà ! Avec le nom de ce site, je ne pouvais pas commencer par une autre chanson que celle-là.
Tori Amos… Je l’ai découverte en 1992, à ses débuts1. C’était à la télé, sur FR3 je crois. Une petite rousse hystérique, les jambes écartées sur son tabouret (chaudasse ! s’écrieront certains), en train de chanter Crucify. Depuis je la suis fidèlement, dans le très bon, comme dans le (un peu) moins bon.

1 Je reparlerai sans doute un de ces jours de Y Kant Tori Read, qui reste à part…

Tori Amos - carbonScarlet’s Walk est le septième album de Tori, sorti en 2002. Malgré une production trop lisse et un manque d’audace musicale, le concept de l’album – le voyage de Scarlet à travers les Etats-Unis de l’après 11 septembre, raconté en 18 chansons – est original, très réfléchi et construit.
C’est à mon avis l’album le plus homogène de Tori. Aucune perle musicale ne s’en échappe, mais toutes les chansons sont agréables à écouter. Petit coup de coeur pour Wednesday, avec son rythme plus rapide et joyeux que l’ensemble, qui me file toujours la pêche, et pour Carbon, bien sûr.
Carbon ne figurerait probablement pas dans le top 5 de mes chansons favorites de Tori, et pourtant…
Et pourtant j’aime les percussions, comme quelques coups sur un tam-tam, des bruits très sourds, très roots, qui hantent discrètement toute la chanson, lui donnant comme un gout de terre, une dureté sous le cristallin du reste. J’aime le piano, les quelques notes claires du tout début suivies par une ligne quasi ininterrompue, rapide, entêtante. J’aime la voix de Tori très pure et haute, surtout sur le refrain. J’aime cette impression d’immensité, de neige, de dureté, de tristesse et de beauté qui se dégage de cette chanson.