Archives pour Août 2007

pierre lapointe – au nom des cieux galvanisés

Ah que j’ai honte ! Je débarque un an après tout le monde avec mon Pierre Lapointe sous le bras, et je vais vous dire : écoutez, c’est super !!
Bon, j’avoue donc être passé complètement à côté de ce petit bonhomme jusqu’à il y a peu, alors que tous les médias l’ont glorifié en septembre dernier pour la sortie de son deuxième album La Forêt des Mal-Aimés.
Pierre LapointePierre Lapointe a une voix atypique, un phrasé un peu précieux, une diction qui me fait penser à Boris Vian, une belle voix qui évoque un dandy sérieux et doux. Sa musique est éclectique, mélangeant joyeusement les styles. Les mélodies modernes et rock emplies d’instruments classiques, comme la poésie absurde des textes m’évoquent un peu Sheller. La Forêt des Mal-Aimés est un album plein de beauté, mêlant joie et mélancolie, une réussite.

Le charmant Québécois est en concert au Bataclan le 17 novembre. Je pense que j’y serai.

siobhan donaghy – ghosts

Siobhan DonaghyUn couloir de métro londonien. L’oeil attiré par cette très belle photo (cliquez dessus !) et par ce nom étrange. Siobhan Donaghy.
Je me renseigne sur la belle, et la première chose que j’apprends, c’est que la jeune femme appartenait au trio d’origine des Sugababes. Ca refroidit… et ça surprend : l’image de la demoiselle aperçue dans le tube ne correspond pas vraiment à celle d’un membre d’un groupe commercial préformaté… Alors j’écoute, j’écoute Ghosts, le second album de Siobhan Donaghy, sorti au printemps 2007. Et ce n’est pas si mal.
Oh ce n’est pas une révélation, un tout nouveau genre. Certaines chansons sonnent “fait à la va vite” voire “à moitié pompé sur d’autres” mais quelques titres aux sonorités exotiques, comme ce Ghosts, sortent du lot. L’ensemble reste agréable à l’oreille, de la pop comme les anglais savent bien en faire.
L’album s’est mal vendu, Siobhan est partie s’essayer à la comédie musicale, dans Rent. Je n’arrive pas à savoir si c’est dommage…

sol seppy – slo fuzz

Sol SeppyUn petit billet rapide, clin d’oeil pour un certain amateur de chanteuses dépressives…
Sol Seppy est anglaise, et a laissé derrière elle une collaboration au sein du groupe Sparklehorse pour débuter en 2006 une carrière solo avec un premier album The Bells of 1 2.

On notera pour l’anecdote que cet album est signé sur Grönland Record, chez qui on peut retrouver une certaine Emily Haines…

C’est calme et lent, une voix éthérée sur un piano, parfois un peu plus électro. Vivement l’hiver pour écouter ça devant une vitre embuée, en regardant le ciel gris et en déprimant en paix !

beirut – prenzlauerberg

Tout le monde ne connaît pas Beirut, j’en ai la preuve ! Je m’en vais donc vous en parler un peu…
BeirutNon Beirut ce n’est pas la ville dont on parle de moins en moins le soir à la télé. Enfin si, mais pas que.
Beirut c’est un groupe américain, un cache-nom plutôt, car le groupe est principalement Zach Condon, américain, 21 ans la joue rose, jouant de tout, trompette, guitare, piano… Ne nous fions pas à l’air frais du garçon, sa voix est bien trempée et l’album Gulag Orkestar montre une grande maturité musicale.
De retour d’un voyage en Europe, Condon a rapporté une fascination pour les sonorités balkaniques et les chants des gitans. Il s’est entouré de quelques cuivres et percussions façon fanfare de rue, et a pondu un album à mille lieues de ce que j’aurais pu imaginer d’un ado états-unien : des chansons complexes et poignantes, une ambiance à la fois mélancolique et joyeuse comme les européens de l’Est savent si bien le faire.
Je retrouve Sufjan Stevens dans la foison d’instruments, dans les mélanges de cuivres et de cordes atypiques de nos jours, dans les sons solennels. Je retrouve aussi et surtout Goran Bregović, dans les sonorités, l’âme slave qui gémit. De belles références pour un jeune artiste qui, plus qu’un mélange d’influences, est devenu avec ce seul album un standard.