Pas grand chose à dire sur cette petite Norvégienne, si ce n’est qu’elle a un grand talent, reconnu à travers l’Europe depuis quelques années déjà.
La jeune femme marie une voix douce et pure, aux accents soul, à un jeu de guitare limpide, dans des arrangements un peu jazzy.
Fin 2005, Ane Brun a sorti un album intitulé Duets qui – pour les lents ou les non anglophones – est composé exclusivement de duos, le plus souvent avec des compatriotes nordiques. Sans être exceptionnel, cet album comporte de très jolies choses, dont cette reprise avec Liv Widell du monumental Stop de Sam Brown.
Le folk est un dieu, et Alela Diane est son prophète (pardon, mais la période est mystique…)
Une guitare sèche. Toute bête, toute simple, n’importe qui pourrait jouer ça. Et une voix. Qui fait tout, la puissance, la mélodie, la beauté des chansons.
Alela Diane n’est pas une nouvelle venue, elle a juste mis pas mal de temps à se faire entendre, à se faire apprécier. Mais une fois qu’on a entendu ce folk épuré, mélancolique, teinté d’accents soul et gospel, porté par cette voix déchirante, envoutante et d’une force incroyable, on ne peut plus l’oublier. Et on sombre.
Voilà comment finir l’année en beauté : avec un sublime album, avec un merveilleux duo. Krauss et Plant ont mis parait-il du temps à se trouver, à s’accepter, et à réussir à travailler ensemble. Grand bien leur en a pris, le résultat est un album de reprises de chansons country remontant jusqu’aux années 50.
Je ne suis pas fan de bluegrass, et je suis le premier à m’effrayer d’une telle description “album de reprises country”. Et pourtant, Raising Sand est un véritable bijou vocal, les deux monstres musicaux jouent de leurs voix, les marient, les mêlent dans la finesse jusqu’à parfois ne plus les distinguer l’une de l’autre.
Alison Krauss est dans son registre, mais prouve, entraînée par l’esprit planant de l’ex Led Zep, qu’elle maîtrise son art avec grâce et sans complaisance. Quant à monsieur Robert Plant, inspiré et imprégné par ce blues country, cet album est une preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que sa voix est exceptionnelle.
C’est bientôt Noël ! J’adore les chants de Noël, leur côté kitsch, oldie et plein de bons sentiments. Et les Américains sont particulièrement doués dans l’exercice. Il semble que tout artiste qui se respecte doit sortir dans sa carrière un album de Christmas Carols ou au moins une chanson de Noël (non je préfère ne pas penser à Mariah Carrey déguisée en Slutty Santa sur la pochette de l’album Merry Christmas, ni à Céline Dion et son duo avec les Chipmunks…)
Bon, je m’égare, je voulais parler d’artistes.
Sufjan Stevens (l’amour de ma vie) a sorti à Noël dernier un très seyant coffret regroupant cinq années d’enregistrements de Christmas Carols. Et quand c’est fait par Mr. Stevens, c’est bon, très bon !
On y retrouve la multitude de vents, de percussions, et le banjo omniprésent qui font la signature de Sufjan Stevens, le tout nimbé de sa voix douce. La plupart des chansons présentes sont des chants traditionnels de Noël, en majorité d’inspiration religieuse. Je préfère ne pas voir dans ces chants pour la plupart à la gloire d’un certain Jésus la manifestation du côté cul-béni de Sufjan (non je ne le critiquerai pas, c’est au-dessus de mes forces) mais plutôt le témoignage d’une culture populaire et festive. Outre ces cantiques, on trouve dans ce Songs for Christmas quelques chants profanes, dont plusieurs compositions de Stevens. That was the worst Christmas ever ! est probablement la plus belle d’entre elles, musique calme et délicate, paroles simples et poignantes : on a tous vécu des Noëls pourris…
Allumez donc des bougies, asseyez-vous près du sapin, buvez un vin chaud et écoutez cette chanson, vous vous croirez dans un épisode de Noël d’Ally McBeal. Parfois, ça fait du bien…
Can you say what you want
Can you say what you want to be
Can you be what you want
Can you be what you want
La scène du Zèbre, le minuscule cabaret de Belleville, a été hier le théâtre d’un concert plus intime d’An Pierlé (que j’ai déjà vue un bon nombre de fois en live), sans pour autant être vraiment plus calme, mais l’ambiance change beaucoup par rapport à une salle “debout”. An Pierlé est toujours autant en forme, pleine d’énergie et de bonne humeur, entourée par les nombreux musiciens de son groupe White Velvet.
Mais la promiscuité du lieu a permis (ou obligé à) des adaptations plus tranquilles qu’à l’habitude, avec – ô bonheur – un violoncelle plus en avant et une guitare sèche plus présente, comme sur la très réussie version acoustique de Snakesong.
Le groupe nous a présenté plusieurs nouvelles chansons, de genres assez variés, dont une magnifique et sombre ballade d’An seule au piano rappelant l’époque Mud Stories et laissant présager du bon pour un futur album.
Quelques titres de Mud Stories, d’ailleurs, dont un excellent Tower presque reggae, et beaucoup du dernier album ont été joués, ainsi que deux reprises : C’est comme ça des Rita Mitsouko, en hommage à “quelqu’un qu’on aimait beaucoup”, toujours parfaitement adapté à la folle énergie d’An Pierlé, et un Such a shame de Talk Talk très lent et noir, que j’ai trouvé un peu faible. Au final, un seul titre d’Helium Sunset, ce que j’ai trouvé dommage car cet album reste le meilleur à mon goût.
Mais ce que je retiendrai au final de ce concert, après 4 ans à voir An Pierlé dès qu’elle passe sur Paris, et même à pousser parfois plus loin, c’est le bonheur d’entendre le petit bijou qu’est Build a better life !
Profitez-en, An Pierlé & White Velvet sont encore au Zèbre de Belleville cinq soirs de décembre.