Archives pour Mai 2008

hawksley workman – prettier face

Je suis allé au concert du 20 mai au Trabendo à l’aveugle, sans rien connaître d’Hawksley Workman autre chose que son nom. J’en suis ressorti avec la furieuse envie de découvrir l’œuvre de ce showman.
Hawksley WorkmanWorkman est Canadien et a, à 33 ans, déjà une petite dizaine d’albums à son actif. Auteur, compositeur, producteur, jouant tous les instruments sur ses albums, le monsieur semble être un génial touche à tout hyperactif. Après l’avoir vu sur scène, je confirme.
Le set a commencé dans une ambiance jazzy intime, Workman, costume 3 pièces et chapeau mou, s’asseyant au bord de la scène, l’ensemble des musiciens habillés chic autour de lui. Violon, clarinette alto, tambours, le groupe a offert une superbe pop mâtinée de sonorités cabaret.
Puis les musiciens s’en vont, Hawksley Workman chante une chanson, seul devant son micro, et entame un étrange strip-tease. Il remplace son costume par une combinaison de peintre verte, son chapeau par une casquette de rappeur. Les musiciens réapparaissent dans le même accoutrement. Et l’ambiance change du tout au tout.
C’est un vrai show rock qui prit place, un véritable deuxième concert. Workman, boule d’énergie, a fait démonstration de ses talents de guitariste et de batteur, ses musiciens ont fait des prouesses en solo (le violoniste qui a réussi à sortir des sons incroyables, comme de l’électro barrée, m’a sidéré !)

Deux concerts en un, des musiciens de haut niveau, une ambiance de folie, un chanteur bourré de charisme : Hawksley Workman est un artiste à voir et à revoir !

robert plant & alison krauss – fortune teller

Que se passe-t-il quand sur une scène (celle du Grand Rex mardi 15 mai) se rencontrent l’un des musiciens et producteurs les plus reconnus des Etats-Unis, la plus grande chanteuse de bluegrass et de country de ses dernières années et le plus grand chanteur de rock des années 70 ? Un grand moment de bonheur.
T Bone Burnett, Alison Krauss et Robert Plant. Qu’en dire ? Les trois ont joué et chanté ensemble, les trois nous ont offert plusieurs chansons en solo.

Alison Krauss & Robert PlantT Bone Burnett a peut-être eu le handicap de souffrir la comparaison avec les deux autres : je n’ai pas du tout aimé sa voix. Néanmoins, il est un excellent guitariste.
Alison Krauss est objectivement une des voix féminines les plus puissantes de sa génération. C’est de plus une violoniste émérite. A petite dose, la country, surtout les vieilles chansons, est loin de me déplaire. Il m’aura donc juste manqué la présence sur scène. Ou la jeune femme n’était pas à son aise, ou elle est d’une grande timidité, ou encore elle avait peur que sa robe se soulève sous l‘effet des ventilateurs. Toujours est-il que son attitude très figée, en contraste total avec sa voix puissante, m’a un peu gênée Et aussi en comparaison avec l’attitude très nonchalante et cool de Robert Plant.
Car c’est bien Robert Plant qui m’a crevé les yeux, ce soir-là. A 60 ans, le monument du rock des années 70 n’a rien perdu de sa voix magnifique. Le bluegrass de l’album Raising Sand lui est aussi à l’aise que le rock et l’attitude chaleureuse, décontractée et modeste qu’il a arborée m’a totalement séduit.
Un énorme plaisir donc, que cette possibilité de voir Plant chanter en live, et l’espoir que les quelques titres de Led Zeppelin qui furent chantés (Black Dog, Black Country Woman et The Battle Of Evermore) lui donneront l’envie de tourner avec l’ancien groupe. On peut rêver…

kylie minogue – all i see

Je suis en retard sur mes comptes-rendus de concerts, moi. C’est la faute des ponts…

Kylie Minogue liveMardi 6 mai, Kylie Minogue entamait son X2008 Tour (j’aime toujours beaucoup les nom de tournées…) au POPB. Le soir même où Madonna réquisitionnait l’Olympia pour son mini (nano) concert de promotion de Hard Candy.
Dès qu’il s’agit de Kylie, les comparaisons avec la madone vont bon train.
J’ai commencé à m’intéresser à Kylie à peu près en même temps qu’à Madonna, à la fin des années 90 (oui sur le tard, diront certains…) Madonna était (à mon avis) en 1998 au plus haut niveau artistique avec l’album Ray Of Light, et Kylie explosait en 1999 en icône sexy pop avec Spinning Around. Depuis, Madonna me déçoit tandis que j’ai développé pour Kylie une certaine affection.
Madonna a été, est et restera probablement la grande tenante du titre de Chanteuse pop. Kylie Minogue a été, est et restera la challenger, toujours une marche au-dessous. Mais là où l’une s’est transformée en machine à faire des tubes, en professionnelle, et en concert en ouvrière du show spectaculaire (je pointe, je fais un travail formidable, millimétré, parfait, splendide, et quand sonne la fin je quitte le travail sans un regard derrière moi), la seconde est restée humaine. Avec des défauts, nombreux, des succès plus ou moins réguliers, en live un goût pas toujours très sûr, mais une humanité, un plaisir à chanter, une bonne humeur et un contact avec son public qui ne peut que charmer.
Ce concert à Bercy a été ainsi. Pas parfait, parfois sans cohérence, parfois trop spectaculaire, mais j’en suis ressorti content d’avoir vu une artiste heureuse et chaleureuse.

Et surtout, il paraît que la présence de Jean-Paul Gautier au concert, car ayant réalisé les costumes de scène de l’Australienne, a rendu verte de rage Madonna, qui l’attendait à son show-case. Eh oui, le meilleur dans tout ça, c’est quand même le gossip !

mademoiselle k – reste là

Le nouvel album de Mademoiselle K sortira à la fin du mois de mai. D’après le concert que les Mademoiselle K (oui c’est un groupe) ont donné fin avril à la Cigale, ça risque d’être très très rock !
Ce concert a été un bon moment, Katerine Gierak très en forme vocalement, le groupe très bon, de l’énergie, un son bien gros. Mais il a eu les défauts d’un concert précédant la sortie d’un album. La majorité des chansons ont été des nouveautés, promo oblige, le public les découvrait donc et l’ambiance s’en est ressentie. La frénésie qui prenait le public quand on reconnaissait une chanson retombait, laissant place à une écoute plus circonspecte et concentrée des titres inconnus.
Le nouvel album me semble plus travaillé, avec des compositions plus complexes, de nombreux changements de rythmes, mais aussi un son très lourd, très rock. Je n’ai malheureusement pas retrouvé dans les paroles le ton un peu nonchalant ou désabusé, les anecdotes simples des textes que je percevait dans le premier album. Tout cela est bien sûr à prendre avec des pincettes, mes impressions résultant d’une unique écoute en live. L’album parlera…

Ce concert débutant la tournée de promotion de Jamais La Paix fut néanmoins bon, les rappels particulièrement, magnifiques : une nouvelle ballade calme (intitulée Espace ?), le génial Final qui après un long et impressionnant instrumental de guitares m’a fait frissonner quand la foule a hurlé des « oui » en réponse au « est-ce que ça vous a plu ? est-ce que vous reviendrez ? » Et la repise de Bowie par Katerine Gierak seule, à la guitare sèche, a fourni une fin toute en beauté et en douceur.