Archives pour Octobre 2008

the puppini sisters – walk like an egyptian

Le 21 octobre dernier, les Puppini Sisters donnaient un concert à Boulogne Billancourt. Fort de l’agréable impression que le trio britannique m’avait laissé après ce concert au printemps, je m’y suis rendu.
Alors j’oublierai le son très « fête de fin d’année de l’école du quartier dans un gymnase », l’éclairage aux trois spots fixe (même chez moi j’aurais fait mieux), cette étrange idée que les trois chanteuses ont eu de proposer une chanson de rock avec guitare électrique au milieu du set, chanson qui m’a beaucoup (trop) fait penser à du Céline Dion quand elle s’énerve. (Bon désolé si je fais du parisianisme primaire ou du snobisme puant, mais je n’oublierait quand même pas qu’il vaut mieux éviter les concerts dans les salles de spectacle de banlieue.)
Je tenterai de ne garder en mémoire que l’énergie festive, les voix puissantes, le comique et la bonne humeur des Puppini Sisters. C’est toujours assez délectable d’entendre ces chansons qu’on connaît par cœur, comme ce mythique titre des Bangles, reprises de façon décalée.

emiliana torrini – dead duck

[jeudi 28 août 2008]
Si on fait omission de deux albums sortis uniquement sur son Islande natale, Emiliana Torrini sortira le 8 septembre prochain son troisième album Me And Armini.
Emiliana TorriniAprès Love in the Time of Science il y a bientôt 10 ans aux sonorités plutôt trip hop et éléctro, la jeune femme avait sorti en 2005 Fisherman’s Woman qui se démarquait du premier album par un son acoustique.
Encore une fois, Emiliana Torrini surprend avec ce nouvel opus, avec un son plus varié qui peut dérouter : parfois très pop (Big Jumps), parfois limite reggae (le titre Me And Armini), à l’ambiance générale plus joyeuse, loin de la mélancolie des précédents. Un album que l’artiste qualifie elle-même d’album de transition. Il semble qu’elle ose les nouveautés, les mariages d’instruments, les mélanges de styles.
Néanmoins, la voix haut perchée, avec cet adorable petit côté enroué, reste la même. Et la patte de la chanteuse est toujours là : ce titre Dead Duck prouve que l’Emiliana de l’époque de Love in the Time of Science n’a pas disparu. Emiliana Torrini se renouvelle sans se renier, c’est très bien.

[lundi 27 octobre 2008]
Je remonte ce billet pour écrire quelques mots à propos du concert d’Emiliana Torrini le 14 octobre dernier au Trabendo.
Malgré cette salle que je n’aime vraiment pas, ce fut un concert bien agréable. La petite Islandaise est apparue comme ses chansons pouvaient le laisser présager : timide, simple et douce. Etonnamment par contre, elle a beaucoup parlé, essayant plusieurs fois d’expliquer l’origine de telle ou telle chanson, digressant parfois pour finir sur une mauvaise blague, signe de trac qu’elle a d’ailleurs reconnu (« je continue toujours à boire du whisky avant de monter sur scène »). Ces quelques écarts déconcertant n’ont rien retiré au charme et à la sympathie de la jeune femme. Entourée de musiciens, elle a joué la quasi-totalité de son dernier album, ainsi que – j’en ai été très agréablement surpris – bon nombre de titres de l’album précédent.

claire diterzi – mes bonnes sœurs

J’ai déjà vu un bon nombre de fois Claire Diterzi sur scène, lorsqu’elle tournait pour la promo de Boucle, son album sorti en 2006. Le grain de folie qu’on devinait sous l’attitude quelque peu renfermée, parfois bourrue, sans doute due à la timidité de la dame, m’avait énormément séduit. J’étais donc allé les yeux fermés début 2008 à Chaillot assister au concert de création de son spectacle Tableau de Chasse, accompagnant la sortie de l’album du même nom, et avait été très déçu : le public habituel de Chaillot absolument pas réceptif, la faiblesse scénique du spectacle, et une Claire Diterzi apparemment peu à l’aise avaient gâché mon plaisir.

Claire DiterziHistoire de ne pas rester fâché, je suis retourné le 13 octobre voir l’artiste, dans des conditions complètement différentes, en mode “concert” et non plus “spectacle” comme il était annoncé, c’est-à-dire sans toute la scénographie construite autour des chansons, et dans une salle minuscule, à savoir le Point Ephémère.
Et merveille, c’est une Claire détendue qui était là, ayant apprivoisé parfaitement les chansons de Tableau de Chasse et laissant ainsi le champ libre à la puissance de sa voix exceptionnelle et à la virtuosité de ses musicien(ne)s et choristes. Laissant aussi ressortir son côté barré, parlant souvent au public, toujours aussi cash (avant les rappels, elle annonce « bon on va revenir pour deux ou trois chansons, mais on vous laisse gueuler un peu avant. »)
Quand elle est revenue pour un dernier rappel chanter La musique adoucit les mœurs et qu’elle a finit “unplugged”, loin du micro, un mec du public a lancé « ouah c’est vraiment pas du playback ! ». Elle l’a bien sûr mouché et à moitié engueulé (j’ai adoré) mais il avait raison : durant tout ce concert, on aurait pu croire écouter le disque tant la voix était parfaite et juste.
Et au final, ce mode “concert” n’a rien retiré à la performance. Peu importe de voir un canapé qui tourne, ou même la vidéo créée en miroir des chansons, Claire a chanté la totalité de l’album Tableau de Chasse et les plus belles de ses anciennes chansons. Et c’est ça le principal.

clare & the reasons – better without you

Le label français indépendant Fargo Records, distribuant principalement des perles nord-américaines (Andrew Bird, Alela Diane…), proposait pour trois jours Fargo All Stars, sorte de mini festival pour promouvoir ses artistes. Mardi soir, c’était Chirs Garneau, Clare & The Reasons et My Brightest Diamond qui étaient ainsi réunis sur la scène de la Cigale.

Chris Garneau, j’en ai déjà parlé ici, et encore . Je ne reviendrai donc pas dessus, si ce n’est pour dire que comme d’habitude ses chansons étaient pleines d’émotions et de grâce et que sa timide silhouette est toujours aussi agréable à voir et à entendre. Le jeune New Yorkais devrait sortir un second album en 2009, avec parait-il une chanson en français. J’ai hâte.

Clare And The ReasonsClare & The Reasons c’est Clare Muldaur (la fille de Geoff Muldaur, inoubliable interprète de la chanson du film Brazil) mais ce n’est pas qu’elle, loin de là. C’est aussi son mari, le multi-instrumentiste et choriste français Olivier Manchon, bluffant de maîtrise et de technique, que ce soit au violon, à la basse, à la flûte, à la scie musicale… Et c’est encore Alan Hampton, bassiste, et d’autres, violoniste, violoncelliste, dont j’ai oublié les noms.
Ensemble, ils font une musique qui rappelle les comédies musicales, les chansons des années 40, où l’orchestration, les chœurs sont aussi riches, importants, soignés que la voix claire et pure de Clare.
Ils sont drôles, charmants, gentils et même démocrates (ils nous ont fait chanter « Obama Obama » sur l’air de Somewhere over the rainbow en disant que « si on répète beaucoup quelque chose, ça finit par arriver »). Bref, un vrai bonbon musical, doux, sucré, qui fait du bien !
Le Better without you qu’on peut entendre ici est celui joué à la Cigale, Fargo ayant proposé dès la fin du concert les enregistrements. Et c’est moi qui ai gagné en proposant « connard » comme insulte. Je suis trop fier !

Pour finir, nous sommes restés dans la même famille musicale. Shara Worden, la femme derrière My Brightest Diamond, a en effet collaboré avec Sufjan Stevens comme « Illinoisemaker », Sufjan Stevens qui a lui-même prêté sa voix à une chanson de Clare & The Reasons, dont plusieurs musiciens ont déjà tourné avec et My Brightest Diamond et Sufjan Stevens (vous suivez ?)
Une voix impressionnante, tant dans les graves que haut dans les aigus, une musique délicate et travaillée, pas toujours facile d’accès car les chansons ont des constructions complexes, non symétriques, une guitare électrique parfois déchaînée, un univers d’opéra baroque et rock à la fois, et une personnalité attachante, douce et charismatique, My Brightest Diamond est tout cela, et elle a conclu cette soirée avec brio.

[photo : Oliver Peel]