Archives pour Juillet 2009

patrick wolf – theseus

Patrick WolfJe ne sais trop que penser de The Bachelor, le nouvel album de Patrick Wolf. Il y a du bon, du très beau dans cet album, mais il manque de simplicité et d’unité.
Je ne suis pas un fan de la première heure du jeune homme, loin de là : je l’ai découvert avec son précédent et troisième album The Magic Position. J’avais adoré cet album, baroque, délirant et glam.

The Bachelor a perdu le côté bien produit, l’encadrement qu’on pouvait percevoir dans The Magic Position. Je sais que les fans des débuts du jeune Anglais reprochaient justement cet aspect propre ; je trouve pour ma part que ça facilitait l’écoute et donnait une belle cohérence à l’album. Ici Wolf redevient un chien fou, foisonnant et indiscipliné : les titres sont tour à tour emphatiques (Hard Times, Damaris, Oblivion), plus ou moins électro (Vulture, Count of casualty), flirtant avec la musique traditionnelle irlandaise (The Bachelor, Thickets…) ou plus simples (The Sun is Often Out, ce magnifique Theseus…). Le rugueux de cet album est loin d’être inintéressant, mais le manque d’harmonie finit par lasser et l’affectation et la grandiloquence générale écœurent.

The Bachelor est au final un album qui n’est pas facile d’accès. Je préférais le glam-pop plus facile du précédent, d’autres retrouveront avec plaisir ici le Patrick Wolf des débuts, question de gout. Reste que Patrick Wolf est un artiste entier, qui ose, et pour cela, malgré ses défauts, il ne doit pas être ignoré.

chris garneau – dirty night clowns

Chris GarneauTrois ans après Music For Tourists, Chris Garneau revient aujourd’hui avec un nouvel album intitulé El Radio. A propos de la sortie de cet album, j’ai beaucoup lu sur le net que le jeune Brooklynois « quittait enfin, en partie, le registre mélancolique et larmoyant de son premier opus. » (je paraphrase) Et là je m’insurge !
En quoi le registre mélancolique et larmoyant est-il une tare ? Pourquoi l’arrivée de chansons plus pop et gaies serait-il une bonne nouvelle en soi ? Moi j’en veux, des larmes, des chansons d’amour, des trucs tristes avec un piano et des cordes qui font pleurer ! Je suis donc heureux de voir que Chris Garneau n’a pas perdu cette facette.
Mais je suis néanmoins content de voir qu’il ne s’est pas contenté de ça et qu’il évolue. Et pourtant, c’est peut-être ce qui provoque le reproche que je peux faire à ce nouvel album.

Avec des titres comme The Leaving Song (qu’on a déjà pu entendre si on est un habitué des concerts de Chris Garneau), Raw And Awake, ou le très beau Things She Said, on est en terrain connu, Garneau fait du Garneau, sans surprise, sans déception. Il atteint même des sommets de pureté, de beauté et d’émotion avec le grave Hands on the Radio, déjà entendu en live lui aussi et surtout avec le magnifique Cats And Kids où les cliquetis de boite à musique portent avec délicatesse de belles paroles sur sa défunte Grand-Mère.
Et quand surgissent des titres comme No More Pirates, Fireflies ou Dirty Night Clowns, on constate que le jeune New Yorkais a changé et pris de l’assurance. La musique apparaît riche, les rythmes plus joyeux ou un peu doux-amers, la voix plus assurée. C’est un vrai plaisir de le découvrir dans un registre moins mélancolique.

Je parlais plus haut de reproches. Je vais donc en faire. Un, les textes restent légers, mais cela m’importe assez peu, petit Français que je suis, et cela donne même un côté « ado » qui colle bien à l’image de Chris Garneau. Et deux, le mélange de titres tristes et sombres, et d’autres plus joyeux et rythmés donne un petit côté bancale à cet album, comme si Garneau n’avait pas réussi à choisir de quel côté pencher. Mais l’impression s’estompe peu à peu, quand on apprivoise les chansons, et je reste très séduit par cet artiste plein de sensibilité et de beauté.
Il sera en concert à la Maroquinerie en octobre, j’irai l’écouter, bien sûr.

lisa ekdahl – i get a kick out of you

Mémento – Lisa Ekdahl à l’Olympia, le 19 juin 2009.

Invité à la dernière minute au concert de Lisa Ekdahl, j’y suis allé sans jamais avoir écouté l’artiste d’une oreille très attentive. Mais a priori, une Suédoise qui chante des chansons calmes et des reprises de classiques du jazz, c’était dans ma cible musicale.
Je suis pourtant ressorti assez déçu par ce concert. Lisa Ekdahl est arrivée comme une caricature de la chanteuse arty, petit béret, énorme verre de vin blanc à la main, et s’est installé en minaudant. J’aurais pu oublier cette première image agaçante si la prestation musicale avait été impressionnante. Mais quand on fait des reprises de monuments de la musique, il faut savoir les porter, se les attribuer, alors que la jeune femme ne m’a pas paru dégager quoi que ce soit : les attaques de chansons étaient approximatives, la présence scénique de la chanteuse proche de celle d’une poupée de porcelaine… J’ai finalement apprécié ses excellents musiciens beaucoup plus que son mince filet de voix.
Bref, dans un bar, avec un verre de vin, en musique de fond, c’eût été aussi bien.