an pierlé & white velvet – wakey wakey

An Pierlé & White Velvet, le 8 décembre 2010 au théâtre de l’Alhambra.

An Pierlé & White VelvetOu comment un formidable concert peut faire apprécier un album pas mal.
An Pierlé a sorti fin octobre 2010 avec son groupe White Velvet Hinterland, quatrième album studio. Réalisé au domicile de An Pierlé et Koen Gisen, en grande partie pendant la grossesse de la chanteuse belge, l’album a été de l’aveu du couple fait vite, d’où un côté plus brut que le précédent ; la guitare électrique de Koen est très présente et donne un côté planant et bluesy à l’ensemble, qui me fait penser à une bande originale de road movie mélancolique. Mais je ne retrouve pas les écorchures, la folie et la beauté étrange des deux premiers albums d’An Pierlé.

Pourtant, quand l’occasion de voir les Belges sur scène se présente, je n’hésite jamais. L’alchimie du groupe est parfaite : les sourires et les coups d’œil autant que les arrangements parfaits l’ont montré encore une fois ce soir enneigé de décembre. L’ambiance rock et énergique sur scène a magnifié les nouvelles chansons. An a encore fait preuve d’une vitalité et d’une vigueur vocale hors pair, et a su parfaitement doser sa folie sur les vieux titres comme Helium Sunset ou Sing Song Sally. Bref, un excellent concert plein de chaleur, d’énergie et de plaisir.

agnes obel – riverside

Pias Nites avec Daan, An Pierlé et Agnes Obel, le 28 octobre 2010 à la Flèche d’Or.

Le premier artiste à s’élancer sur scène est Daan, qui n’est pas un petit jeunot : ancien membre de Dead Man Ray, le belge Daan Stuyven a quatre albums solos à son actif. L’homme exhale un charme désuet, sa voix est grave, son air viril et ses chansons sentent la route, la clope et les soirées pluvieuses. Joli moment.

Suit An Pierlé, uniquement accompagnée ce soir-là par son guitariste de mari Koen. Comme toujours la petite Belge est adorable et drôle. Le nouvel album Hinterland ne m’a pas fait grande impression, mais les chansons s’adaptent très bien au duo piano-guitare et mettent parfaitement en valeur la voix puissante d’An. Il en résulte un set beau et sympathique, et l’agréable impression de retrouver une vieille copine perdue de vue depuis un moment.

C’est Agnes Obel qui conclut cette soirée. Accompagnée de sa violoncelliste Anna Müller, la jeune Danoise déroule ses chansons jusque tard dans la nuit, assise derrière son piano, l’air timide, ses cheveux blonds un peu décoiffés, avec une tranquillité, un calme, une beauté formidable. Pureté est le mot qui restera de cette fin de soirée.

[photo : Frank Eidel]

an pierlé – build a better life

La scène du Zèbre, le minuscule cabaret de Belleville, a été hier le théâtre d’un concert plus intime d’An Pierlé (que j’ai déjà vue un bon nombre de fois en live), sans pour autant être vraiment plus calme, mais l’ambiance change beaucoup par rapport à une salle “debout”.
An Pierlé liveAn Pierlé est toujours autant en forme, pleine d’énergie et de bonne humeur, entourée par les nombreux musiciens de son groupe White Velvet.
Mais la promiscuité du lieu a permis (ou obligé à) des adaptations plus tranquilles qu’à l’habitude, avec – ô bonheur – un violoncelle plus en avant et une guitare sèche plus présente, comme sur la très réussie version acoustique de Snakesong.
Le groupe nous a présenté plusieurs nouvelles chansons, de genres assez variés, dont une magnifique et sombre ballade d’An seule au piano rappelant l’époque Mud Stories et laissant présager du bon pour un futur album.
Quelques titres de Mud Stories, d’ailleurs, dont un excellent Tower presque reggae, et beaucoup du dernier album ont été joués, ainsi que deux reprises : C’est comme ça des Rita Mitsouko, en hommage à “quelqu’un qu’on aimait beaucoup”, toujours parfaitement adapté à la folle énergie d’An Pierlé, et un Such a shame de Talk Talk très lent et noir, que j’ai trouvé un peu faible. Au final, un seul titre d’Helium Sunset, ce que j’ai trouvé dommage car cet album reste le meilleur à mon goût.

Mais ce que je retiendrai au final de ce concert, après 4 ans à voir An Pierlé dès qu’elle passe sur Paris, et même à pousser parfois plus loin, c’est le bonheur d’entendre le petit bijou qu’est Build a better life !

Profitez-en, An Pierlé & White Velvet sont encore au Zèbre de Belleville cinq soirs de décembre.

an pierlé & white velvet – good year

An Pierlé, je la connais depuis qu’elle est toute petite. Enfin façon de parler. C’est toujours agréable de découvrir des artistes lorsqu’ils sont peu connus, d’avoir la chance de les voir dans des salles minuscules (le Plan à Ris Orangis, par exemple) et de pouvoir les approcher de près. C’est le cas pour An Pierlé, que je suis le plus fidèlement possible depuis 3 ans maintenant. Voir An Pierlé avant un concert, c’est remarquer à peine une petite jeune femme blonde et souriante. Voir An Pierlé pendant un concert, c’est voir une furie déchaînée, au début bien installée sur son espèce de ballon sauteur, derrière son piano, et à la fin les doigts courant follement sur son accordéon.
An PierléLes premiers albums de la chanteuse flamande ne laissent pas imaginer au premier abord sa personnalité volcanique. Mud Stories, qui date de 1999 est un album de voix / piano, rude et dépouillé. Son second album, Helium Sunset (2003) est un chef-d’oeuvre de calme et de sensualité. Le couple voix / instruments est dans cet album parfaitement équilibré. Seuls certains titres laissent pressentir une nervosité rock sous-tendue.
Dans son troisième album, An Pierlé & White Velvet (2006), la chanteuse assume plus son côté rock. Sans pour autant renoncer aux rythmes calmes sur certains titres, l’ambiance générale est moins langoureuse que dans le précédent album, les arrangements plus complexes, les guitares plus présentes, le tout un peu trop…

An Pierlé reste malgré tout une artiste à découvrir sur scène. L’énergie qu’elle dégage, le plaisir qu’elle prend à jouer, la complicité du groupe et sa gentillesse quand on les rencontre après le concert (j’ai pu parler à An à la fin de chaque concert où je suis allé !) sont des choses à ne pas manquer.