ane brun – true colors

Ane Brun, le 28 septembre 2010 au Café de la Danse.

Quelle classe ! Quelle aura a Ane Brun ! Elle arrive sur la scène du Café de la Danse comme chez elle. Elle est un peu chez elle c’est vrai, elle qui y passe une fois par an. Mais il y a aussi ce petit quelque chose dans son attitude qui me fait penser quand je la vois arriver : attention, Ane Brun va jouer, va chanter, va nous faire une démonstration magistrale de Musique. Une grande dame.

Le concert donné fin 2009 était touchant, émouvant, plein de grâce. Ce set fut plus punchy que le précédent, la musique moins solennelle, un batteur donnant un côté pop absent la fois précédente. L’ensemble a ainsi gagné une joie à laquelle je ne m’attendais pas, sans rien perdre en délicatesse et beauté.
Les gestes amples des bras qui ont appuyé ses paroles quand elle a chanté m’ont fait retenir ma respiration. Le petit déhanché qu’elle a quand elle a joué de la guitare m’a donné des frissons.
Et au moment de se quitter, sa reprise de True Colors m’a laissé flotter sur un nuage.

ane brun – song no. 6

Seize juin deux mille dix.
Seize décembre deux mille dix.
Six mois.
6.

I would spend three or four lines…

ane brun – the treehouse song

La folk-pop scandinave est vraiment un genre à part, qui a su fédérer une pureté, une sérénité et une mélancolie qu’on ne retrouve pas dans la musique d’autres régions, comme si la terre même d’où est originaire la musique avait laissé son empreinte froide et ethérée.
Le merveilleux concert qu’a donné Ane Brun au Café de la Danse le 17 novembre, en clôture de sa tournée, est un excellent exemple de cette osmose. Deux artistes précédaient la Norvégienne sur scène : sa compatriote Rebekka Karijord et la Suédoise Jennie Abrahamson.
Leur musique n’est pas identique et pourtant…
Rebekka Karijord a chanté des chansons lentes, calmes, s’accompagnant au piano ou à la harpe. Sa musique est raffinée et subtile, sa voix puissante m’a fait pensé à celle d’Alanis Morissette dont elle a la même élégance.
Jennie Abrahamson fait une délicieuse pop plus “moderne”, avec juste ce qu’il faut de boite à rythmes et de chœurs vocodés, sans que tout cela n’efface la base de piano et une belle voix haute et claire.
Quant à Ane Brun, sa pop est plus adulte, plus grave, plus sérieuse. S’accompagnant traditionnellement à la guitare, elle chante d’une étrange voix haute des compositions désarmantes, extrêmement touchantes.
Trois artistes donc, dont la musique est loin d’être identique.
Et pourtant quand Ane Brun arrive sur scène, ses deux “premières parties” sont avec elles, qui l’accompagneront pour la musique et les chœurs tout au long de son concert. Et l’harmonie entre les trois chanteuses est évidente, naturelle. Elles partagent la complicité d’une tournée, mais aussi ce quelque chose non identifié que je ne peux qu’appeler Grâce, qui a baigné ce concert magnifique.

ane brun – stop

Ane BrunPas grand chose à dire sur cette petite Norvégienne, si ce n’est qu’elle a un grand talent, reconnu à travers l’Europe depuis quelques années déjà.
La jeune femme marie une voix douce et pure, aux accents soul, à un jeu de guitare limpide, dans des arrangements un peu jazzy.
Fin 2005, Ane Brun a sorti un album intitulé Duets qui – pour les lents ou les non anglophones – est composé exclusivement de duos, le plus souvent avec des compatriotes nordiques. Sans être exceptionnel, cet album comporte de très jolies choses, dont cette reprise avec Liv Widell du monumental Stop de Sam Brown.