Il y a un an, personne ou presque n’avait entendu parler de Caravan Palace. Aujourd’hui, ils enchaînent les concerts complets, on parle d’eux un peu partout, ce titre Stars Scat a même été choisi pour la dernière campagne de publicité d’Adidas !
A l’occasion de la sortie de son premier album, le groupe a investi pendant une semaine de la fin du mois d’octobre le Café de la Danse, par ailleurs producteur dudit album. Le sextuor a attiré les foules, et les a fait danser avec bonheur dans une ambiance détonante !
Caravan Palace a tiré le gros lot avec leur électro-swing, mélangeant allègrement le jazz manouche, avec un violon digne de Grappelli et une guitare de Reinhartd, à des scratchs de DJ, associant des rythmes électro à du scat ou encore des sonorités klezmer d’une clarinette. Loin d’être fouillis, ce melting pot musical donne un ensemble cohérent, harmonieux et incroyablement festif. Ne passez pas à côté d’eux !
Second des trois jours de Solidays.
Journée chargée, les concerts se sont succédés à un bon rythme.
La journée a débuté avec Beat Assaillant, union du rappeur Américain Adam Turner et de musiciens français. Sur scène, ce hip hop soul et jazzy, chaudement porté par des cuivres, est particulièrement agréable ; plus à mon avis que les versions album qui ne sont pas vraiment mon genre.
Plus tard, c’est le folk gypsy de DeVotchKa qui m’a emballé. Ensuite, une écoute en marge de Aaron m’a permis de leur trouver pas mal de charisme, mais pas forcément dans le cadre d’un festival en plein air.
Le moment le plus charmant de cette journée aura été le concert de Yael Naim. La timidité de la jeune femme, sa voix de souris, ses chansons calmes et agréables, en français, anglais et hébreu ont bercé et séduit la foule. J’ai trouvé beau de voir Yael Naim touchée et étonnée d’entendre le public reprendre son New Soul et cette délicieuse version de Toxic.
Cette journée marathon s’est terminée avec Caravan Palace dont l’énergie folle a fait sauter tout le monde et reste la même que la précédente fois que je les avais vus.
Pour finir et juste avant de partir, j’ai pu assister quelques minutes à l’impressionnante et géniale installation cubique d’Etienne de Crécy : hypnotique et fabuleux !
L’avantage des festivals et des soirées multi-artistes est qu’on y fait parfois de belles découvertes. La programmation du Bose Blue Note Festival 2008 qui se tenait le week-end dernier à la Cigale en fut l’occasion.
J’avais pris mes places pour voir le trio anglais The Puppini Sisters, dont j’ai déjà parlé. J’y ai découvert les impressionnants français de Caravan Palace.
Les Puppini Sisters, on les “découvre” seulement maintenant en France, où elles ont sorti ces jours-ci leur premier album Betcha Bottom Dollar (alors que le deuxième est déjà sorti depuis plusieurs mois en Angleterre…) Leur concept de reprise façon close-harmony de titres relativement récents est très séduisant, même si le charme risque de ne pas durer éternellement. J’étais curieux de voir si le charisme de ces harmonies vocales ne tournerait pas au ringard sur scène. Eh bien non, loin de là !
Les trois demoiselles ont une énergie phénoménale. Accompagnées de quelques instruments, elles enchaînent les chansons et font montre de réelles prouesses vocales. Leur jeu de scène complète délicieusement les voix, chacune campée dans un rôle, la rigolote hyperactive, la coquette calme et la sévère rigide, feintant de se chamailler en permanence.
Je pense que la majeure partie du public n’était pas là pour les voir, elles, mais la fin de leur tour de chant fut très chaudement applaudie : les Puppini Sisters ont séduit et confirmé leur charme.
Puis ce fut le tour de Caravan Palace. Trio qui a grandi au fil du temps, le groupe est désormais composé de six musiciens et d’une chanteuse, la séduisante Colotis Zoé. Le concept de leur musique est pour le moins original : marier jazz manouche et électro, le groupe revendiquant aussi bien Django Reinhardt que Justice dans ses influences. Caravan Palace est arrivé avec ses violons, clarinettes, guitares sèches et contrebasses, et la folle vigueur avec laquelle ils se sont mis à jouer, amplifiée par les samples électro et les scratchs additionnés, a mis un feu incroyable à la Cigale en un rien de temps ! Leur électro swing serait parfait pour les dancefloor et pousse rapidement à la frénésie.
Si tous les morceaux n’ont pas le même niveau, certains mariant avec moins d’aisance les instruments acoustiques aux rythmes machine, voir le groupe s’agiter avec délectation sur scène pardonne les faiblesses. Peu de titres sont disponibles, un premier album étant en préparation, mais j’espère que l’énergie que dégage le groupe sur scène sera bien transcrit sur un son studio. En attendant, Caravan Palace est une belle découverte.