owen pallett – song song song (live au café de la danse)

Le Café de la Danse, 22 février 2011.

Première première partie, les Français de Karaocake, que j’avais déjà vus avant Au Revoir Simone, et que j’avais trouvé trop proches musicalement des Brooklynoises pour vraiment les apprécier. La chanteuse gagnerait à se décoincer un peu, mais Karaocake a du bon et mérite d’être suivi.

Seconde première partie, Buke And Gāss, duo de guitares, chanteuse à la voix un peu nasillarde, à long terme c’est un peu fatigant mais les changements multiples de rythme au sein des chansons et les riffs de guitare électriques qui m’ont beaucoup fait penser à Led Zeppelin m’ont plu !

Owen PallettOwen Pallett enfin, arrive tard sur scène. Casquette parisienne vissée sur la tête, débardeur, le Canadien est en forme, de bonne humeur, souriant et sautillant tout au long de son set.
J’avais peur, l’ayant vu pas mal de fois l’année dernière, de me lasser, mais la sortie à l’automne dernier de son EP A Swedish Love Story aux 4 titres plus électro que l’album Heartland, a déteint sur les prestations live de Pallett : tout est plus punchy, plus rythmé et plus électro.
Quant à la prouesse technique d’Owen Pallett au violon, elle est chaque fois plus époustouflante ! Son final sur ce Song Song Song épileptique et déchaîné m’a laissé sans voix ! Encore une fois Owen Pallett a été parfait !

[photo : Ariane Gruet-Pelchat, les Inrocks]

sam amidon – relief

Sam Amidon, le 16 décembre 2010 à l’Espace B.

Premier groupe de la soirée : les Français Pokett, qui font un bon rock mais rien d’exceptionnel, et c’est pas mon truc… Passons.

Je suis là pour Sam Amidon, découvert en première partie de Owen Pallett à Londres début 2010. Chien fou, dégingandé, l’œil noir, la voix rauque, il alterne guitare sèche et banjo, et raconte ses histoires de folk. C’est beau, c’est calme sauf quand l’envie de crier lui prend. Il a l’air à l’aise en conteur, devant une cinquantaine de personnes, pas plus, assises par terre ou debout, calmes.
Il commence par I See The Sign, chanson titre de son deuxième album, et toute la puissance de sa voix est démontrée. Il poursuit par How come that blood au banjo, et la rocaille au fond de sa gorge se fait entendre, je suis bercé par l’histoire et les notes répétées en boucle. Le country folk du jeune homme séduit et fait chanter le public tout doucement, tendrement, sur Way Go Lily.
Pour finir, Sam Amidon nous offre sa magnifique reprise de R. Kelly Relief, faisant encore chanter le refrain au public, et c’est un beau moment de communion, de plaisir et de bonheur.

owen pallett – export 3 (the great elsewhere)

Festival Villette Sonique, le 1er juin 2010 à la Grande Halle de la Villette.

La scène est belle, les gradins sont hauts dans la Grande Halle de la Villette. Le festival Villette Sonique est loin d’être “roots”.
Arto Lindsay débute la soirée. Petit bonhomme ne ressemblant pas à grand-chose, il est accompagné de façon incongrue par un orchestre brésilien (?) pour chanter d’une très belle voix des chansons bossa-nova plutôt sympathiques si elles n’étaient pas systématiquement terminées par des solos de bruits que l’Américain arrache par des mouvements épileptiques à sa guitare électrique. C’est au début déroutant, amusant, intéressant puis rapidement lassant et un peu pénible, d’autant que le set est long.

Suivent les Young Marble Giants. Je n’ai (honte à moi, sans doute) jamais entendu parler d’eux, mais c’est pour ces Gallois que la majorité du public est ici ce soir. Groupe mythique de la fin des années 70, il n’a vécu que 3 ans avant de disparaître, et s’est reformé il y a environ cinq ans pour donner depuis quelques concerts sporadiques. Je n’ai malheureusement vu en eux qu’une bande d’amis vieillissants, quelque peu amateurs (la chanteuse en particulier) se faisant plaisir à rechanter de vieilles rengaines.

Owen PallettEt c’est donc Owen Pallett, toujours accompagné de Thomas Gill, qui achève la soirée.
Le Canadien semble en grande forme et de bonne humeur. Il commence par quelques anciens titres, puis poursuit avec de nombreux morceaux de Hearland, parfois 2 ou 3 enchainés à la suite sans interruption, donnant l’impression qu’il raconte une épopée, qu’on assiste à une pièce musicale et non pas à des chansons isolées.
J’avais vu je ne sais plus où sur le net quelqu’un écrire être déçu de ce dernier album d’Owen Pallett car c’était trop propre, pas assez “bidouilles expérimentales du début”. Je peux comprendre, la maîtrise du violoniste est parfaite, les boucles virevoltent, les chansons s’imbriquent parfaitement, mais l’ensemble est tellement harmonieux et beau que je ne peux pas, moi, regretter l’expérimental cheap.
Il était tard quand Owen a joué, la soirée bien avancée, la musique était forte mais le son était bon, j’étais un peu fatigué, il faisait sombre, la scène baignée dans une pénombre bleutée, les lumières magnifiques, avec quelques effets comme des flammes courant le long de poutres. C’était beau.

[Je profite de ce billet pour mettre en écoute cette délicieuse version de The Great Elsewhere, qui provient du nouvel EP d'Owen Pallett Export [Demo EP], et dans laquelle j’ai eu l’immense plaisir de reconnaitre la voix de Shara Worden, plus connue en tant que My Brightest Diamond. Je n’aurais jamais osé rêver d’une telle collaboration, et on me l’offre pour Noël !]

owen pallett – better than worse

En janvier dernier, j’assistais pour la première fois à un concert d’Owen Pallett. C’était à Londres, dans la grande et belle Union Chapel, le public était nombreux. Deux mois plus tard, je suis retourné voir le Canadien, à Lille cette fois, dans la petite salle de l’Aéronef. Le concert fut intimiste. Là où Londres avait été une expérience solennelle, de par le lieu et du fait que je voyais Pallett pour la première fois, ce second concert fut plus simple mais plus beau et plus riche en émotions.

Owen Pallett à l'AéronefIl est impressionnant de voir Owen Pallett jouer de trois instruments simultanément avec une maîtrise parfaite : son violon, sa voix et la loop pedal ; ses pieds jonglent avec les boucles tandis qu’il joue et chante, imperturbable. Toute la complexité et la beauté de sa musique prend corps et sens devant nos yeux quand on le voit construire peu à peu ses morceaux.
C’est pour moi un plaisir indescriptible, véritablement jouissif, d’assister à la création d’une chanson, boucle après boucle, comme un puzzle. J’avais pris autant de plaisir à voir Kaki King faire de même avec une guitare l’année dernière. Ce genre d’expérience en live est incomparable.
L’accompagnement de Thomas Gill à la guitare et aux percussions, avec son style nonchalant et barré, et les quelques interludes chaleureux d’Owen Pallett ont achevé de rendre ce concert parfait.

Une petite lettre jetée par un fan et qui a manqué l’œil d’Owen de quelques centimètres a failli nous priver de rappel, le chanteur ayant apparemment un fort tempérament. Heureusement, il est revenu sur scène quelques minutes après, pour nous offrir une fin de toute beauté : Cliquot, la sublime complainte que Pallett chante sur le second album de Beirut, et la magnifique chanson Better Than Worse.

[photo : megathud]

owen pallett – tryst with mephistopheles

Owen PallettJe n’arrive pas bien à écrire sur Owen Pallett. Je n’ai pas le recul nécessaire.
J’ai vu l’artiste canadien en concert à Londres le 25 janvier 2010, à Union Chapel. C’était la première fois que je le voyais en live et tout a été parfait : le lieu solennel et beau, l’excellente première partie de Sam Amidon, jeune fou à la voix magnifique, et Nico Muhly, prodige du piano. Quant à Owen Pallett, il a été merveilleux, gentil, doué, et nous a offert pour une grande partie les chansons de son dernier album Heartland.

Heartland. Je suis « tombé » dans cet album, un jour d’août dernier, quand, écoutant l’enregistrement d’un concert qu’il a donné à Vienne, j’ai entendu pour la première fois Owen Pallett en chanter les chansons.
Je m’en remets tout juste… Je suis resté six mois perdu dans le monde créé par le violoniste. Six mois à écouter chaque jour ou presque ce live puis l’album, à être à chaque fois autant surpris par la beauté, la cohésion, la richesse et la maîtrise qui se dégagent de ces chansons.
Alors oui, j’arrive après la bataille : on a parlé de Heartland un peu partout maintenant, pour saluer le plus souvent la maturité du travail d’Owen Pallett. Je n’en rajouterai donc pas. Je dirai simplement que Heartland est pour moi un chef-d’œuvre qui me touche comme peu d’albums m’ont touché jusqu’ici.

Je suis amoureux de la musique d’Owen Pallett.

final fantasy – ultimatum

Je suis très triste, parce que ce soir je devais assister pour la première fois à un concert de Final Fantasy et que celui-ci a été annulé à la dernière minute. Final Fantasy ce n’est pas un groupe qui fait des reprises de musiques de jeux vidéo, c’est le nom de scène du Canadien Owen Pallett. Aujourd’hui, Owen est malade, donc il a annulé son concert.

Owen PallettOwen Pallett a presque 30 ans et a touché à plusieurs instruments, en particulier le violon, dont il fait autorité en la matière : The Hidden Cameras, Arcade Fire, Beirut, The Last Shadow Puppets, les Pet Shop Boys, Patrick Wolf, ou encore Mika lui ont confié les arrangements de cordes de leurs albums.
Sous le nom de Final Fantasy, Pallett a sorti deux albums et une poignée d’EPs, des recueils de textes poétiques ou barrés, de musiques pop baroques, des chansons éthérées ou très théâtrales.
En live, il est seul sur scène, s’accompagne parfois au piano, le plus souvent au violon jouant avec les loop pedals pour construire ses mélodies petit à petit. J’adore voir les chansons prendre forme de cette façon.
Rendez-vous est pris pour son prochain passage en France.

[photo : Jordan Gordon]