the puppini sisters – walk like an egyptian

Le 21 octobre dernier, les Puppini Sisters donnaient un concert à Boulogne Billancourt. Fort de l’agréable impression que le trio britannique m’avait laissé après ce concert au printemps, je m’y suis rendu.
Alors j’oublierai le son très « fête de fin d’année de l’école du quartier dans un gymnase », l’éclairage aux trois spots fixe (même chez moi j’aurais fait mieux), cette étrange idée que les trois chanteuses ont eu de proposer une chanson de rock avec guitare électrique au milieu du set, chanson qui m’a beaucoup (trop) fait penser à du Céline Dion quand elle s’énerve. (Bon désolé si je fais du parisianisme primaire ou du snobisme puant, mais je n’oublierait quand même pas qu’il vaut mieux éviter les concerts dans les salles de spectacle de banlieue.)
Je tenterai de ne garder en mémoire que l’énergie festive, les voix puissantes, le comique et la bonne humeur des Puppini Sisters. C’est toujours assez délectable d’entendre ces chansons qu’on connaît par cœur, comme ce mythique titre des Bangles, reprises de façon décalée.

caravan palace – suzy

L’avantage des festivals et des soirées multi-artistes est qu’on y fait parfois de belles découvertes. La programmation du Bose Blue Note Festival 2008 qui se tenait le week-end dernier à la Cigale en fut l’occasion.
J’avais pris mes places pour voir le trio anglais The Puppini Sisters, dont j’ai déjà parlé. J’y ai découvert les impressionnants français de Caravan Palace.

Les Puppini Sisters, on les “découvre” seulement maintenant en France, où elles ont sorti ces jours-ci leur premier album Betcha Bottom Dollar (alors que le deuxième est déjà sorti depuis plusieurs mois en Angleterre…) Leur concept de reprise façon close-harmony de titres relativement récents est très séduisant, même si le charme risque de ne pas durer éternellement. J’étais curieux de voir si le charisme de ces harmonies vocales ne tournerait pas au ringard sur scène. Eh bien non, loin de là !
Les trois demoiselles ont une énergie phénoménale. Accompagnées de quelques instruments, elles enchaînent les chansons et font montre de réelles prouesses vocales. Leur jeu de scène complète délicieusement les voix, chacune campée dans un rôle, la rigolote hyperactive, la coquette calme et la sévère rigide, feintant de se chamailler en permanence.
Je pense que la majeure partie du public n’était pas là pour les voir, elles, mais la fin de leur tour de chant fut très chaudement applaudie : les Puppini Sisters ont séduit et confirmé leur charme.

Puis ce fut le tour de Caravan Palace. Trio qui a grandi au fil du temps, le groupe est désormais composé de six musiciens et d’une chanteuse, la séduisante Colotis Zoé. Le concept de leur musique est pour le moins original : marier jazz manouche et électro, le groupe revendiquant aussi bien Django Reinhardt que Justice dans ses influences.
Caravan PalaceCaravan Palace est arrivé avec ses violons, clarinettes, guitares sèches et contrebasses, et la folle vigueur avec laquelle ils se sont mis à jouer, amplifiée par les samples électro et les scratchs additionnés, a mis un feu incroyable à la Cigale en un rien de temps ! Leur électro swing serait parfait pour les dancefloor et pousse rapidement à la frénésie.
Si tous les morceaux n’ont pas le même niveau, certains mariant avec moins d’aisance les instruments acoustiques aux rythmes machine, voir le groupe s’agiter avec délectation sur scène pardonne les faiblesses. Peu de titres sont disponibles, un premier album étant en préparation, mais j’espère que l’énergie que dégage le groupe sur scène sera bien transcrit sur un son studio. En attendant, Caravan Palace est une belle découverte.

the puppini sisters – heart of glass

Dans la famille des trios féminins, après Au Revoir Simone, voici les Puppini Sisters ! Dans la famille de la musique vintage-swing-pop, après les Ditty Bops, voila les Puppini Sisters !
The Puppini SistersIl y a chez les Puppini Sisters un charme particulier à écouter ces musiques connues, revisitées, un peu empesées, un peu kitsch, naphtalisées à l’ancienne. Ce qui rend l’écoute de ce trio anglais si euphorisante, c’est qu’elles envoient 50 ans dans le passé des standards qu’on connaît par coeur, les interprétant avec de délicieuses harmonies vocales.
Les écouter, c’est se mettre à chanter une chanson moderne entouré d’une atmosphère désuète, un soir, avec des amis, un verre de porto ou un thé à la main. C’est un jeu, on endosse un costume des années 40, on joue un rôle, et on se sent parfaitement à l’aise.
Installez vous donc dans un fauteuil confortable, et appréciez le standard de Blondie transformé par la close-harmony délicate des Puppini Sisters.

Après Betcha Bottom Dollar, premier album sorti en 2006, les trois demoiselles préparent un second album pour la rentrée 2007. Espérons qu’une tournée suivra !